La Wantzenau - Devoir de mémoire

Sur les traces d’un père mort à Tambov

Article paru des DNA du 28.1.2017 et transmis par Yves Scheeg

mardi 7 février 2017 par Nicolas Mengus

Cimetière n° 7 et tombe n° 26. Après bien des recherches, Charles Sandrock a retrouvé où était enterré son père, incorporé de force. Depuis, il participe activement à l’organisation de pèlerinages et à l’entretien du site.

Pour certaines personnes, il est très important de garder intacte la mémoire familiale. C’est ce travail que réalise au quotidien Charles Sandrock. Lorsqu’il en parle, il est très ému.
Charles est né en 1944. Son père Joseph, qui était né en 1912, est mort au camp de prisonniers à Tambov en 1945. Il a été enterré dans la forêt de Rada comme beaucoup d’incorporés de force.
En 1993, un ancien incorporé de force, Charles Gantzer retourne à Tambov en Russie et revoit l’emplacement de l’ancien camp où il avait été emprisonné durant 20 mois. La découverte de l’enclave forestière de l’ancien camp fut très émouvante. Mais l’absence de signes de référence sur ces lieux de martyr fut insupportable pour l’ancien soldat.
De retour en France, il crée avec Henri Stoecklé et Charles Klein, l’association Pèlerinage Tambov. En 1995, une centaine de personnes se rend à Tambov. Ce premier pèlerinage a créé le choc nécessaire pour entamer la réalisation d’un cimetière digne de ce nom, appelé carré français à l’endroit des fosses communes dans la forêt de Rada où des milliers d’Alsaciens et de Mosellans sont enterrés.
Cet endroit sera officiellement inauguré en 1996 et tous les deux ans un pèlerinage est organisé par l’association. Des jeunes Alsaciens et Mosellans ainsi que des jeunes d’Oradour-sur-Glane nettoient régulièrement ces lieux.

« J’ai toujours voulu savoir où avait été enterré mon père. A la maison, c’était un sujet tabou »

Charles Sandrock, de son côté, a effectué des recherches et décortiqué les archives russes. « J’ai toujours voulu savoir où avait été enterré mon père, car à la maison, c’était un sujet tabou, on ne parlait pas de Tambov, personne n’en parlait et ma mère n’a pas cherché. » Charles a fini par apprendre, par sa mère, que son père était enterré à Tambov.
« Ayant lu un article dans le journal concernant l’association Pèlerinage Tambov, j’ai participé en 2008 au voyage à Tambov. Mais à l’époque je n’avais pas d’indication de tombe. Nous sommes arrivés dans cette forêt et chose étrange, c’était le silence absolu, on n’entendait pas un seul oiseau, et je me suis dit : mon père est là quelque part… »

Tous les deux ans, nous sommes environ 45 pèlerins et environ 15 à 20 jeunes adultes qui vont à Tambov

Depuis, Charles Sandrock et Alice, son épouse, sont devenus des membres actifs de l’association et organisent à leur tour les pèlerinages tous les deux ans.
En 2010, un historien russe lui montre sur le terrain militaire, le cimetière n° 7 et la tombe n° 26 qui est celle de son père. Il lui montre également les fosses communes des autres Malgré- nous dont les noms ont été retrouvés.
En 2012, le cimetière était nettoyé. Charles et sa sœur y ont mis des plaques d’identifications.
« Tous les deux ans, nous sommes environ 45 pèlerins et environ 15 à 20 jeunes adultes qui vont à Tambov pour nettoyer l’endroit avec du matériel prêté par des bénévoles russes. »
Et Charles Sandrock complète : « Les jeunes sont toujours très touchés en voyant ces tombes. Certains étaient au bord des larmes lors de l’hommage rendu. Ils font un travail formidable en nettoyant cet endroit dans cette forêt. Ils y ont appris une partie de notre histoire ».


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