Le 13 décembre 1943 : le massacre de Kalavrita (Grèce) – Une réflexion sur la reconnaissance des crimes de guerre

par Renée Baudot

lundi 12 décembre 2016 par Nicolas Mengus

Le 13 décembre 1943, la sauvagerie nazie procéda à l’extermination de toute la population de Kalavrita : les enfants, les femmes, les hommes, les vieillards, le clergé en représailles à une action de la Résistance grecque. Pour les nazis, le massacre odieux de Kalavrita – 1200 morts – se réduisait à une opération de nettoyage, « Sauberungsunternehmen »).

Le national-socialisme, « ce service public du crime » comme l’a qualifié Edgar Faure, procureur-adjoint pour la France au procès de Nuremberg, niait la dignité de la personne humaine ; c’est la réification, la déshumanisation de la personne humaine.

Les officiers de la Wehrmacht n’avaient pas d’honneur. Ils étaient des meurtriers et des voleurs qui ont entraîné leurs soldats dans les pires exactions. Ils ont sali l’honneur de l’armée allemande et de leur patrie pour longtemps. Ce qui a fait écrire au chancelier Helmut Schmidt, homme lucide et ancien officier de la Luftwaffe, dans ses Mémoires que « l’Allemagne avait un lourd handicap devant l’Histoire qui ne lui permettait pas de revendiquer en Europe la place correspondant à sa puissance économique ».
En effet, le pays qui a mis l’Europe à feu et à sang pendant la Seconde Guerre mondiale, responsable de la Shoah, n’a pas le magistère moral pour donner des leçons en matière énergétique, financière, migratoire aux autres pays européens.

L’Allemagne a oublié de juger les officiers-assassins de la Wehrmacht. Elle a préféré construire son industrie et partir à la conquête économique de l’Europe. Rendre la justice, punir les meurtriers des populations civiles n’étaient pas dans les priorités de l’Allemagne démocratique.
Les excédents commerciaux vertigineux de la République Fédérale d’Allemagne ne suffiront pas à lui rendre son honneur. Seules la reconnaissance, la repentance, la réparation des nombreux crimes qu’elle ne veut pas voir pourront lui redonner sa place à la table des démocraties.

Notre société repose sur des bases démocratiques formulées par les philosophes de la Grèce antique. Ils ont reconnu la dignité et la liberté de chaque citoyen. Le droit coutumier de la guerre est un élément de notre civilisation. Au IVe siècle, à Thessalonique (Grèce), un chef de guerre qui avait outrepassé ses droits, fut puni par l’Eglise et excommunié, la sanction la plus sévère de l’époque. C’est l’exemple le plus ancien connu dans l’histoire de la sanction d’un crime de guerre.
Après la Seconde Guerre mondiale, le Tribunal de Nuremberg a défini les principes du droit pénal public moderne. Ces principes nous régissent. Malheureusement, de nombreux crimes commis par les puissances de l’Axe sont restés impunis en Grèce : Kalavrita, Distomo ou Kommeno.

N’oublions pas les victimes et leurs descendants qui, plus de 70 ans après les faits, ne crient pas vengeance mais réclament la justice.

R. B.

* Sur le rôle de Jean Lirot, incorporé de force alsacien, qui sauva près de 200 femmes et enfants à Kalavrita : http://www.malgre-nous.eu/spip.php?article1840


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