Bas-Rhin

Rencontre avec Paul Freundlich au Musée de l’Abri à Hatten

par Marie Goerg-Lieby - Photos Roland Muller

mercredi 27 avril 2016 par Nicolas Mengus

Professeur d’université, Pedro Cantinho Pereira, a rencontré dans le sud du Portugal l’Alsacien Paul Freundlich. Malgré la différence de nationalité et d’âge ( le premier a 61 ans et le deuxième 93 ans), le livre « Un Malgré nous dans l’engrenage nazi » est né de leurs échanges. Car Pedro Cantinho Pereira qui traite l’incorporation de force en historien, c’est l’anti-Michaël Prazan, ce réalisateur qui a présenté de façon si partiale l’incorporation de force dans un film-TV et un DVD.(*)

François Fenninger a accueilli l’historien portugais pour qui « l’Alsace a toujours été une victime des guerres » et qui a présenté le contexte de l’annexion de fait 1940-1945 avec brio. La rencontre au Portugal de l’ancien Malgré-nous Paul Freundlich a été décisive pour l’écriture d’un livre chez un éditeur national prestigieux. Il était logique que le Musée de l’Abri à Hatten, que Paul Freundlich qui vit à Hoenheim a découvert en attardant dans la salle des Malgré-nous. Avec sa mémoire de guerre intacte, il a raconté des scènes de guerre, lui qui dit « qu’il est né la deuxième fois le 8 mai 1945, un jour où il fait sauter le bouchon de champagne chaque année ! »

Pourquoi vous, Pedro Cantinho Pereira, vous êtes vous lancé dans cette aventure littéraire ?

− Je suis parti du manuscrit que Paul Freundlich avait écrit et qui était pour lui une catharsis nécessaire. En tant qu’historien, j’en ai fait un roman biographique à cause de l’importance du témoignage et de la mémoire, surtout pour les jeunes qui ne savent pas à quoi ressemble vraiment la guerre. Et puis, j’avais 6 ans à Lisbonne quand j’ai vu défiler les soldats partant pour les guerres coloniales en Angola, Guinée Bissau et Mozambique ! J’avais 19 ans quand ces guerres se sont arrêtées et 800 000 jeunes Portugais, comme mon frère et des amis plus âgés, avaient dû partir. Je voulais savoir pourquoi les soldats revenaient différents de ce qu’ils étaient avant...

Pourquoi ce mot « engrenage » dans le titre et « Les sacrifiés de l’histoire comme sous-titre » ?

− Le récit de Paul Freundlich, écrit à la main et sans rature ce qui prouve qu’il avait tout dans sa tête quand il a écrit le texte longtemps après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il explique bien que tout ne s’est pas fait en un an jour. Il y a eu le RAD, puis la Wehrmacht et ce fut l’engrenage..Jusqu’à la Sippenhaft, la responsabilité collective de la famille ce qui explique que beaucoup de jeunes Alsaciens se sont sacrifiés pour leur famille, acceptant de partir au front pour protéger leurs proches d’une déportation en Allemagne et la privation de leurs biens...Ce sont vraiment des sacrifiés de l’histoire. »

M.G-L

− « Un Malgré nous dans l’engrenage nazi », édition L Harmattan »
− (*) à ce sujet, rappelons que le jugement du procès en appel opposant le réalisateur du film « Une division SS en France. Das Reich » et les ADEIF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin sera rendu le 27 mai.

MM. Kautzmann et Freundlich.

MM Freundlich et Cantinho Pereira.

Visite au musée de l’abri avant la conférence du 21 avril de MM Cantinho Pereira, Freundlich et Fenninger.

Le vétéran et le jeune de 15 ans Marc Kautzmann - Photos Patrick Kautzmann

Patrick Kautzmann suit le parcours de Paul Freundlich sur une carte - Photo Marc Kautzmann


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