Dans les DNA-Erstein du 8.3.2015

Grand anniversaire Oscar Kohler, la mémoire de Tambov

Article transmis par Yves Scheeg & Claude Herold

lundi 9 mars 2015 par Nicolas Mengus

Le doyen de Schaeffersheim, Oscar Kohler, a célébré son quatre-vingt-quinzième anniversaire dans son village natal. Rescapé du camp de Tambov, il égrène ses souvenirs d’ancien combattant de « la drôle de guerre ».

« En 1940, j’ai fait mon service militaire au dépôt de cavalerie n° 14 à Lyon… Après l’armistice du 22 juin 1940 et l’annexion de l’Alsace, le cercle Saint-Léger a été supprimé à Schaeffersheim pour faire place aux organisations nazies. Jusqu’en 1942, je travaillais à Strasbourg comme peintre en bâtiment. J’ai obtenu avec difficulté l’autorisation de passer mon brevet de maîtrise, ce qui m’a permis de retarder mon incorporation de force jusqu’au 1er novembre 1943, où j’ai dû partir à Modlin en Pologne. »
Oscar se souvient de sa captivité aux mains des Russes au camp de Potma, dans le froid, presque sans eau et nourriture. Pour ses parents, il est porté disparu. À l’été 1944, on l’envoie travailler dans un sovkhoze (ferme d’État soviétique) où il peut améliorer son ordinaire. Puis, en septembre 1944, les prisonniers sont transportés à Tambov, à 450 km au sud de Moscou.

« Une fois à Tambov, la faim était permanente, avec deux louches par jour d’une soupe remuée avec un bâton pour que le peu de denrée solide ne se dépose pas au fond. Les baraquements contenaient entre 100 et 400 hommes. Peu de médicaments, pas d’eau pour se laver, sauf toutes les quatre ou six semaines : sauna, épouillage, puis deux litres d’eau où malades et bien portants se lavaient dans la même cuvette en bois encrassé. Des seringues de vaccination passaient de prisonnier à prisonnier, malade ou bien portant… »

La fin de la guerre ne signifie pas un retour immédiat. Après avoir enduré des températures qui, en janvier, avoisinent moins 38° C, occasionnant la mort de tant de ses camarades, quand vont-ils être rapatriés ? Enfin, le 3 août 1945, le train démarre en direction de Francfort-sur-l’Oder où les prisonniers sont remis aux officiers français pour être lavés, désinfectés, nourris, avant de repartir pour Bruxelles et enfin Chalon-sur-Saône où Oscar, comme tous les autres, est enfin libéré et peut rentrer dans son foyer.


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