Oradour-sur-Glane

L’enquête allemande s’achève

Dépêche de l’AFP sur www.lefigaro.fr

lundi 21 octobre 2013 par Nicolas Mengus

Le parquet de Dortmund, qui enquête sur le massacre d’Oradour-sur-Glane, espère boucler prochainement ses investigations contre six criminels présumés, selon l’hebdomadaire allemand « Focus » paru dimanche 20 octobre.

Selon le magazine, l’un des six octogénaires entendus par le parquet, un ancien mitrailleur habitant Cologne (ouest), a avoué avoir été présent lors du massacre de 642 personnes commis le 10 juin 1944 dans cette petite ville française. Cet ancien SS, baptisé « C. » par « Focus », a avoué s’être posté avec sa mitrailleuse près de l’église, dans laquelle périrent plus de 400 femmes et enfants.

Agé de 18 ans à l’époque, il affirme, selon des informations de l’hebdomadaire Focus, avoir protesté contre ces exécutions sommaires et avoir été éloigné du lieu du massacre. Il dit ne pas avoir vu ses camarades mettre le feu à l’église et à la grange, dans laquelle les hommes d’Oradour avaient été parqués.
Selon les enquêteurs, cet homme est cependant l’un des principaux suspects.

« Ce qui s’est passé à Oradour-sur-Glane, c’était de la tyrannie pure », a estimé le procureur de Dortmund Andreas Brendel, cité par Focus. La justice allemande avait ouvert en octobre 2010 une nouvelle procédure judiciaire sur le massacre d’Oradour-sur-Glane. Le parquet avait indiqué précédemment qu’elle devrait aboutir en 2014, soit 70 ans après les faits.

Les investigations sur ce massacre s’appuient sur des documents de la Stasi (les anciens services secrets est-allemands) découverts après la Réunification, qui contenaient notamment les témoignages de deux soldats présents à Oradour. Selon l’un d’eux, un des chefs aurait lancé à ses troupes avant le massacre : « Aujourd’hui, le sang doit couler ». Tous les soldats présents auraient donc été au courant de la tuerie qui se préparait.

Par le passé, plusieurs enquêtes menées en Allemagne de l’ouest avaient été classées faute de preuves. Début septembre, Joachim Gauck avait été le premier président allemand à se rendre à Oradour-sur-Glane, avec le président français François Hollande.

NB : cette fameuse phrase était déjà connue au moment du procès de Bordeaux en 1953.


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