Théâtre

Je t’écrirai de là-bas : Émotion à travers des lettres de Malgré-nous

Par Marie Goerg-Lieby

jeudi 15 novembre 2012 par Nicolas Mengus

Peut-on appeler ceci un spectacle ou une lecture ? En lisant avec empathie, mêlant passages musicaux et projections de paysage, sur fond de voix masculine en allemand parfois, des lettres de jeunes Alsaciens incorporés de force ainsi que le journal intime d’une Alsacienne incorporée de force au RAD-KHD, Aline Gross-Batiot donne forme à une soirée hors du temps et des modes. Mais bouillonnante d’émotion, pour le plus grand bonheur du public qui a rempli deux soir de suite une salle de l’Illiade (Illkirch-Graffenstaden)

Ce soir là, il y avait deux spectatrices dont les surnoms affectueux avaient été entendus lors de cette lecture de lettres, « Liesele » et « Miesele », jadis bébés et aujourd’hui septuagénaires...Deux dames qui ont serré dans leurs bras Aline Gross-Batiot, la lectrice-actrice, dont elles faisaient réellement la connaissance après avoir dialogué par téléphone ou courriels. Deux dames qui durant la guerre étaient l’objet de l’affection de leurs deux papas qui demandaient constamment des nouvelles de leurs petites filles, l’une étant née pendant la déportation militaire à l’Est de l’Europe de son père et l’autre, étant tout petite lors de son départ pour la Wehrmacht. Comme tant d’autres hommes, ces Alsaciens se réfugiaient dans la sphère privée et les lettres à l’épouse aimée pour reconstituer leurs forces morales. Ils s’appelaient Lucien, Jean, Alfred, Georges, Aimé...Certains sont rentrés de la guerre où ils avaient du porter l’uniforme allemand, d’autres non... Aline Gross-Batiot, originaire de Vendée, avait été touchée en découvrant en 2006 les lettres de son beau-père Georges Gross, décédé en 1996. Il a suffit qu’elle lance en 2010 un appel dans la presse pour récolter une brassée de lettres, précieusement gardées par les familles. Textes témoins du désarroi de ces soldats malgré eux, de leur amour familial, de leurs conditions matérielles voire de leurs idées politiques...Quant au journal de Suze, jeune Colmarienne obligée d’aller en Allemagne servir le IIIe Reich et évoquant avec pudeur ses souffrances physiques et morales, son témoignage, rare, a une réelle valeur historique et humaine. Rien que de l’authentique...

M.G-L

La pièce d’Aline Gross-Batiot, « Je t’écrirai de là-bas ». Correspondances de « Malgré-Nous » (1943 à 1945), sera présentée :

  • Vendredi 23 novembre à 20h30 à Vitré (35), Centre culturel J. Duhamel et Lundi 3 décembre à 21h00 à Paris, Théâtre Darius Mihaud.
  • Renseignements : 01 42 01 92 26
  • Le samedi 6 avril à 15h à la Médiathèque de Lingolsheim.

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