Association Edouard Kalifat de Recherches Humanitaires

jeudi 20 octobre 2011 par Nicolas Mengus

http://aek.fr.free.fr/presentation.htm

Extraits de la page de présentation du site :

L’association Edouard KALIFAT de Recherches Humanitaires a été créée le 20 janvier 1994, en prolongement de l’action menée depuis 1992 par Denis SELLEM, son président, afin de retrouver Edouard KALIFAT disparu en URSS après avoir été libéré d’Auschwitz par l’Armée Rouge.

Dès l’origine, l’association s’est assignée pour mission de rechercher toutes les personnes disparues en URSS à l’issue de la seconde guerre mondiale, de retrouver la trace des nombreux résistants, soldats, déportés, internés du Service de Travail Obligatoire qui, libérés des camps de prisonniers et d’extermination allemands par les troupes soviétiques, ont été escamotés lors des opérations de rapatriement de l’immédiate après guerre (écouter « Les Français au Goulag » - Interview de Denis Sellem sur RFI le 26 juin 2005) .

L’association ainsi créée a immédiatement obtenu le soutien de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (F.I.D.H.) et son président a reçu un mandat international pour conduire des investigations dans les différents pays de la Communauté des Etats Indépendants s’étant substituée à l’URSS.

(...)

Puis, en 1998, en raison de son rayonnement national et international, l’association a été admise à siéger au sein du Comité Français des ONG/ONU.

Quelques données historiques

Lorsque la guerre froide a débuté, immédiatement après l’effondrement de l’Allemagne nazie et l’arrêt des combats, la France et ses alliés disposaient déjà de témoignages solides sur les « oublis soviétiques » lors des opérations de rapatriement ; témoignages provenant pour beaucoup des compagnons de détention des personnes retenues.

L’impossibilité pour les pays occidentaux de procéder aux recensements de leurs ressortissants libérés des camps nazis par l’Armée rouge, ainsi que les mensonges diffusés par les soviétiques sur leur nombre exact, ont fait comprendre aux gouvernements de ces pays que Staline les retenait de fait en otages, afin de garantir le retour en URSS de tous les soviétiques libérés des camps allemands par les armées alliés, ainsi que tous les soldats de l’armée de Vlasov (général soviétique qui étaient passés du côté allemand au cours de la guerre) capturés par ces armées ; ceci pour empêcher qu’ils ne puissent demander l’asile politique à l’Ouest.

Puis, après de longues et difficiles tractations, une partie des occidentaux furent rapatriés vers leur pays d’origine. Ensuite, les opérations de rapatriement furent déclarées closes par les Soviétiques qui, depuis lors, ont toujours affirmé qu’ils ne détenaient plus personne, alors que nous savons que plusieurs milliers de personnes ont été gardées par eux, dont au moins trois mille soldats, résistants, déportés et requis du service du travail obligatoire français.

Le rideau de fer, d’abord, et la raison d’Etat, ensuite, allaient interdire à tous ceux qui avaient été retenus contre leur gré en URSS, pendant plus de cinquante années, tout espoir de retour dans leur famille et dans leur pays. En effet, dans un premier temps, quelques pays occidentaux concernés par le drame qui se jouait ont osé demander des nouvelles de leurs ressortissants maintenus sans raison en URSS et se sont heurtés aux dénégations mensongères des autorités bolcheviques. Dans un second temps, ils n’ont pas eu le courage d’aller plus loin et de lier leur politique étrangère envers Moscou à la résolution du problème.

La peur et d’égoïstes intérêts les ont empêchés de mener campagne sur ce thème. Par crainte d’affronter le pouvoir des Soviets et les accusations d’anticommunisme que Staline n’auraient pas manqué de proférer s’ils avaient choisi cette voie, tous ont accepté de mettre une sourdine le problème. Au lieu d’opter pour la seule politique qui avait quelques chances de réussir, les occidentaux, dont la France, ont préféré s’engager dans une action diplomatique feutrée dont on mesure aujourd’hui l’inanité.

Ensuite, le silence le plus total s’est abattu sur ce drame. Il faudra attendre 1957 pour que le chancelier allemand Adenauer, désirant une ouverture à l’Est, lie celle-ci au retour en Allemagne de tous les prisonniers de guerre allemands se trouvant encore en URSS. Le bon résultat obtenu par les autorités de Bonn aurait dû inciter la France à emboîter le pas du chancelier Adenauer et à faire elle aussi dépendre sa politique vis-à-vis du Kremlin de la solution qui serait apportée au problème de ses « disparus ».
La France avait là une occasion exceptionnelle de récupérer nos concitoyens « libérés » par l’Armée rouge en 1945 et retenus depuis contre leur gré en URSS. Si elle avait agi alors avec fermeté, elle aurait peut-être pu obtenir le retour de nombre d’entre eux et pourquoi pas aussi celui des 12000 « malgré nous » (Alsaciens-Lorrains-Mosellans enrôlés de force dans la Wehrmacht qui, après avoir été faits prisonniers sur le front russe n’ont jamais été rendus à leurs familles). De façon incompréhensible, elle ne fît malheureusement rien de décisif pour arriver à cela.

Hier, nous ne pouvions que déplorer le manque d’à propos et d’efficacité de notre pays sur ce dossier. Aujourd’hui, en dépit d’un certain regain d’intérêt manifesté à ce sujet au Ministère des Affaires Etrangères, nous ne pouvons que regretter la lenteur de la France à faire du problème de nos ressortissants « oubliés » de l’autre côté du rideau de fer un des enjeux de ses relations avec les quinze pays surgis des décombres de l’empire soviétique.
Tout autant, nous ne pouvons que nous désoler de voir que les pays ex-soviétiques ne se soient pas mieux démocratisés, qu’ils n’aient pas tenté, autrement qu’en paroles, de marquer leurs distances, sinon leur rupture, avec les pratiques de l’ancien régime communiste, qu’ils ne se soient pas pleinement démarqués des atteintes aux droits de l’Homme et des crimes perpétrés par l’URSS, démarquage qui ne saurait se mesurer qu’à l’aune de la volonté concrète de réparation vis-à-vis des victimes et de leurs familles.

Nous noterons qu’en matière de recherche de disparus (jusqu’à nos missions sur le terrain) les seules recherches qui aient été entreprises l’aient été par le biais du Quai d’Orsay, à la demande des familles. Il s’est toujours agi de notes verbales adressées aux autorités des pays concernés, notes dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles furent peu efficaces, tout comme furent peu efficaces les tentatives de faire mener des recherches en archives, à la demande des Conseils Généraux d’Alsace, de Lorraine et de Moselle, afin d’obtenir les dossiers des « malgré nous » qui s’y trouvent.

Les modalités de la recherche et les investigations en ex-URSS

En matière d’archives, il est bon de souligner que les archives soviétiques n’ont jamais été accessibles dans le passé et qu’elles ne le sont pas réellement, autrement qu’en paroles, depuis la disparition de l’URSS. Le seraient-elles que le problème demeurerait presque entier tant il existe de centres d’archives disséminés à travers le territoire de ce que fût l’Union Soviétique et tant ces archives sont souvent mal classées, pas répertoriées et très souvent expurgées des éléments importants qu’elles contiennent.
Le constat que nous faisons explique pourquoi nous avons décidé depuis le début de nos actions de recherche, dans un souci d’efficacité et de rapidité, de contourner l’obstacle. La méthode que nous avons choisie est simple. Elle consiste à nous adresser directement, par le biais des médias des nouveaux pays de la C.E.I., aux citoyens lambda qui pourraient avoir vu, avoir rencontré les disparus que nous cherchons. En d’autres termes, nous lançons des avis de recherche, des appels à témoins à la télévision, à la radio, dans les journaux. Puis, à l’aide des informations et des témoignages que nous recevons, nous battons la campagne pour retrouver la piste de ces disparus.

Hier, nous étions les premiers chercheurs occidentaux à avoir initié cette méthode d’investigations en ex-URSS et, aujourd’hui, nous sommes encore les seuls à agir de la sorte sur le terrain. Les résultats obtenus par cette démarche sont là pour témoigner de son efficacité. Depuis le début de nos recherches (en novembre 1994) nous avons recueilli de très nombreux témoignages, nous avons noué des relations de travail avec plusieurs organisations de recherche nationales et régionales de pays de l’ex-URSS.
La précision et la pertinence des propos que nous tenons à la radio, à la télévision et dans les journaux ex-soviétiques, ainsi que la justesse et la fiabilité des informations que nous sommes aujourd’hui capables de fournir, sur le parcours des personnes ayant été retenues en URSS, nous ont permis d’être considérés comme des interlocuteurs sérieux par les autorités et les institutions des pays où nous nous sommes rendus.

L’importance du travail réalisé, ainsi que celle des résultats engrangés et des connaissances acquises sur le problème des disparus et sur les archives soviétiques, nous ont valu en 1995 la reconnaissance du Ministère Français des Affaires Etrangères et en 1998 d’être admis au Comité Français des Organisations Non Gouvernementales de l’Organisation des Nations Unies.

Au fil des ans, notre action sur le terrain nous a permis de recueillir des données et des informations inédites qui nous permettent à présent de mieux comprendre pourquoi et comment ont été escamotés par les Soviétiques des milliers personnes. Nous avons aussi appris sur place, notamment par des personnes ayant appartenu au système, comment étaient organisées les archives soviétiques et la façon dont les dossiers des « disparus » occidentaux ont été requalifiés et changés de fichier après la mort de Staline et la libération de nombreuses personnes internées dans les goulags qui a suivi.

L’accès aux médias, les témoignages et les informations recueillies, nous ont permis en 1995 de retrouver vivant un premier citoyen français de Lorraine (Jean MUNSCH) qui, partit en 1943 au S.T.O., libéré par l’Armée rouge et conduit en Ukraine, n’avait jamais pu revenir en France.

Nous avons aussi obtenu sur place, avec le concours des organismes avec lesquels nous avons établi des relations de travail, des listes comportant des noms de « disparus » décédés et l’indication de leur lieu d’inhumation. Il y a dans ces listes des citoyens anglais, hollandais, français.

En 1995, Denis SELLEM a découvert à Odessa (Ukraine), grâce à un ancien membre du KGB, un charnier baptisé « cimetière roumain et international » dans lequel se trouvent des milliers de victimes de la barbarie stalinienne, victimes au rang desquelles on dénombre pêle-mêle :

  • des Roumains, des Allemands, des « Malgré nous » et des ressortissants d’autres pays en guerre contre l’URSS (abattus sommairement en 1944-1945 à la prison d’Odessa en violation des conventions de Genève sur les prisonniers de guerre).
  • des personnes (opposants ou suspectées d’être opposées au régime soviétique) qui pour leur grand malheur « encombraient » la prison d’Odessa en 1944-1945.
  • des personnes libérées des camps allemands par l’Armée rouge, dont le NKVD (police politique) ou le SMERCH (service de contre-espionnage) qui les avaient arrêtées, interrogées et internées, n’avaient pas vraiment cherché à établir la qualité et l’identité et parmi lesquelles se trouvaient des ressortissants français.

L’informateur de Denis SELLEM lui ayant indiqué le numéro du dossier secret (Youg 311/92) renfermant le nom des victimes de cet horrible carnage, nous avons immédiatement réclamé aux autorités ukrainiennes, avec le concours de l’Ambassade de France en Ukraine, une copie de ce dossier.

En 1997, Denis SELLEM est retourné en mission en Ukraine pour continuer les investigations de terrain et tenter d’obtenir le dossier YOUG 311/92 qui ne nous avait pas été remis. Lors de ce séjour, il a été officiellement reçu par M. Edouard GURWITZ, le maire d’Odessa, en présence de journalistes ukrainiens. Au cours de leur entretien retransmis à la télévision, le maire de cette grande ville d’Ukraine jumelée avec Marseille qui fût en 1945 un des trois grands centres de rétention et de rapatriement d’URSS, s’est engagé à appuyer les initiatives et les recherches de l’Association Edouard KALIFAT. Il s’est également engagé à faire tout ce qui était en son pouvoir pour que nous obtenions l’accès au dossier YOUG 311/92.
A l’issue de cette rencontre avec Edouard GURWITZ, notre président a conduit une équipe de télévision filmer le site du charnier. Le film de 20 mn qui a été réalisé a été diffusé le soir même, causant un grand émotion dans la population. Depuis, nous œuvrons avec opiniâtreté pour obtenir l’ouverture de fouilles et l’identification des victimes.

Cependant, le cimetière ayant déjà été aux trois quarts recouvert par une usine de phosphate et la tendance actuelle des autorités étant de vouloir jeter un voile d’oubli sur les disparus de la Seconde Guerre mondiale (en ne finançant plus les fouilles des charniers de cette époque), nous avons, avec la F.I.D.H., saisi le Directeur de l’Unesco à propos de ce dossier, afin que le site de ce grand charnier soit préservé et pour que les identifications des victimes qui s’y trouvent soient enfin menées. A ce jour, ce projet de classement n’a pas abouti faute d’avoir reçu l’aval indispensable des autorités ukrainiennes.

L’intervention du Président de la République

A notre demande, relayée par notre ami et fidèle soutien Georges SARRE, nous avons obtenu de Monsieur Jacques CHIRAC que le dossier des disparus français et du charnier d’Odessa soit évoqué lors de la visite officielle que le Président de la République a effectuée en Ukraine du 2 au 4 septembre 1998.
Dans une communication de l’Ambassadeur de France à Kiev, nous avons appris que, suite à cette intervention présidentielle, les autorités ukrainiennes avaient manifesté ce qu’il est convenu d’appeler de bonnes dispositions à l’égard de nos demandes.

Comme premier résultat à cette intervention, nous avons reçu en mars 1999, une liste comprenant quatre noms d’Alsaciens-Lorrains retrouvés dans un cimetière d’Odessa. Nous espérons que ce petit signe de bonne volonté des Ukrainiens sera suivi par d’autres gestes plus significatifs encore et que nous seront communiquées des informations fiables sur ce que sont devenues les personnes disparues en Ukraine que nous continuons à réclamer aux autorités de ce pays.

Les découvertes des archives médicales militaires de St.Pétersbourg

En juin 1999, Denis SELLEM a retrouvé dans la région de St.Pétersbourg, grâce à son action auprès du Ministère russe de l’intérieur, la trace de 11 autres ressortissants français décédés au lendemain de la 2e guerre mondiale. Fort heureusement, il a aussi découvert, avec l’aide du Consul Général de France, un second français vivant qui avait disparu depuis près de cinquante trois ans. Il s’agit de M. Gaston THIVET, un ancien STO empêché de retourner en France par les autorités bolcheviques et contraint d’accepter la citoyenneté soviétique. Denis SELLEM a pris contact avec lui pour lui proposer de l’aide dans ses démarches en vue de recouvrir la nationalité française qui lui avait été confisquée et qui depuis lui a été rendue.

Dans la foulée, notre président a découvert dans les locaux du Musée médical militaire de St.Pétersbourg, grâce à des témoignages concordants qu’il avait recueillis lors de précédentes investigations en ex-URSS, les archives médicales de tous les étrangers soignés en Russie et en URSS depuis plus de cent ans.
En effet, c’est au sein du Musée médical militaire de cette ville que les autorités soviétiques ont de tous temps centralisé les archives médicales de l’URSS, archives parmi lesquelles se trouvent encore à présent tous les dossiers des citoyens français (et ceux des citoyens d’autres nationalités) qui ont reçu des soins en URSS après leur libération ou leur capture par l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Denis SELLEM a obtenu du Ministère russe de la défense, avec l’appui du Consulat général de France à St.Pétersbourg, l’autorisation de visiter le Musée médical militaire et son centre d’archives. Là, il a pu constater la grande diversité des matériaux et des documents récupérés par les Soviétiques, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Dans ce qu’il a pu voir il y a beaucoup d’éléments et de documents provenant des camps allemands libérés par l’Armée rouge, ainsi que des dossiers médicaux provenant des hôpitaux et des sanatoriums où les personnes libérées ont été soignées. Il y a également des objets, des documents et des papiers personnels ayant appartenu aux pilotes français de l’escadrille Normandie-Niemen.

Lors de cette visite, le responsable des archives qui a guidé Denis SELLEM lui a dit qu’il pouvait lui fournir immédiatement la copie de 2500 dossiers de citoyens français soignés en URSS, moyennant le paiement des coûts de la recherche, ainsi que celui des frais de reproduction.
Il est à noter que ces 2500 dossiers sont une petite partie de ce qui pourrait être retrouvé dans le cadre d’une recherche systématique au sein de ce gigantesque centre d’archives renfermant plus de 60 millions de documents et dont les rayonnages s’étendent sur 16 km linéaires.
Nous sommes persuadés que c’est dans ces archives médicales militaires que nous avons le plus de chance de voir réémerger les noms de personnes disparues que nous recherchons depuis des années. A n’en pas douter, c’est là aussi que nous pourrons retrouver les noms des Alsaciens-Lorrains-Mosellans qui n’ont pas encore été retrouvés à ce jour et qui ne figurent pas dans les listes récupérées à Moscou, à Tambov et à Kirsanov.

En juillet 2000, le Ministère français des affaires étrangères (que nous avons alerté de l’existence de ces archives et de leur contenu) a accepté de nous apporter une aide logistique et financière dans la négociation que nous menons directement avec le responsable du Musée médical militaire de St-Pétersbourg, afin d’obtenir la copie des dossiers d’archives de citoyens français qui s’y trouvent.

Septembre 2000 : nouvelle mission de l’association à St-Pétersbourg et à Novgorod

Dans le cadre des négociations engagées l’année dernière avec les autorités russes pour obtenir l’accès aux archives concernant des citoyens français, Denis SELLEM a effectué une nouvelle mission en Russie, du 5 au 16 septembre 2000.

Lors de cette mission, il s’est rendu à St-Pétersbourg et à Novgorod où il a rencontré la presse. Des partenariats lui ont été proposés par la télévision « Nika TV » de Kalouga et par la chaîne « Slavia » de Novgorod. Ces deux organes ont en effet le désir de suivre le déroulement des recherches de l’association et d’en rendre compte périodiquement.

Le mercredi 13 septembre, après une deuxième phase de négociation très serrée, en présence de Mme Isabelle TOURANCHEAU, l’attachée de presse du Consulat Général de France, notre président est arrivé à un accord de principe avec le responsable des archives militaires de St-Pétersbourg, pour la mise à disposition, moyennant une rétribution financière destinée à couvrir les frais de recherche et de reproduction, d’une première tranche de 1000 dossiers médicaux de citoyens français.

Cet accord (qui sera officialisé dès que les autorités de tutelle à Moscou l’auront entériné) sera garanti par le Consul Général de France à St-Pétersbourg. Celui-ci veillera, à la demande des deux parties concernées, à la bonne exécution de ses dispositions et à la réalisations des engagements réciproques.

Le 14 septembre, une conférence de presse réunie dans la résidence du Consul Général à St-Pétersbourg a permis à Denis SELLEM de préciser l’étendue de l’accord passé avec le Musée médical militaire et de faire le point sur les recherches en cours en Russie. Cette conférence lui a également permis de dire au public russe à quel point l’attente des familles des disparus français est comparable à celle des familles russes désirant que toute la lumière et toute la vérité soient faites sur la disparition de leurs enfants en Tchétchénie et dans le naufrage récent du sous-marin nucléaire Koursk.

(...)

L’obtention de dossiers médicaux militaires soviétiques

En avril 2001, nous avons obtenu des Russes la copie d’une première tranche de 1000 dossiers médicaux militaires de citoyens français ayant reçu des soins, entre 1941 et 1947, dans le système de santé militaire soviétique. La livraison par la Russie de dossiers médicaux militaires à des personnes étrangères représente une grande première au niveau international. Cette réussite sans précédent est le fruit du travail assidu que nous menons depuis plusieurs années et des relations de confiance et d’amitié que nous avons réussi à tisser avec nos interlocuteurs du Centre d’archives médicales militaires de la Fédération de Russie.

D’ores et déjà nous savons que dans les 1000 premiers dossiers obtenus se trouvent les noms de personnes qui ne se figuraient pas dans les documents transmis il y a quelques années par le centre des archives de Moscou, suite aux négociations menées par le Ministère français des affaires étrangères. En effet, parmi les dossiers qui nous ont été remis se trouvent, entre autres choses, des informations concernant quelques déportés juifs de France et plusieurs pilotes de la célèbre brigade Normandie-Niemen, ce qui rend ce premier résultat très encourageant.

Le travail de traduction et de restitution des états civils qui sont contenus dans ces dossiers (actuellement en cours d’achèvement) doit permettre la publication d’une liste qui sera remise prochainement au Ministère de la Défense, afin d’être comparée aux listes existantes de personnes portées disparues. Cette opération permettra de mettre en évidence les noms de personnes qui n’avaient pas encore été localisées à ce jour. Elle nous permettra également de nous prononcer sur la proposition de fourniture de copies des 1000 nouveaux dossiers qui viennent d’être retrouvés par les militaires russes.

Aujourd’hui, l’efficacité de notre action et de nos méthodes de travail étant unanimement reconnue, en France comme à l’étranger, nous recherchons des appuis et des moyens supplémentaires pour développer nos investigations. Une action rapide, plus large et mieux soutenue, est absolument nécessaire pour tenter de trouver les traces des personnes recherchées encore susceptibles d’être en vie. Il est donc du devoir de nos partenaires, notamment du gouvernement français, de mettre enfin à notre disposition les facilités et les moyens adéquats à cette action humanitaire.

Pour la France, patrie des droits de l’Homme, dont les dirigeants actuels proclament vouloir restaurer les « valeurs citoyennes » de la République, il y a là une merveilleuse occasion de remplir un devoir de mémoire exemplaire et de réaffirmer ces valeurs par des actes concrets.

Voir le site : http://aek.fr.free.fr/presentation.htm


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