L’OPMNAM et l’APOGA se mobilisent

Les orphelins de Malgré-Nous et la FEFA

Les déportés militaires alsaciens-mosellans tués et disparus, un dossier clos ?

mardi 9 février 2010 par Nicolas Mengus

Suite à la parution d’un article intitulé « La Fondation Entente Franco-Allemande change de format », dans les « Dernières Nouvelles d’Alsace » du 30 janvier 2010, les associations d’orphelins de Malgré-Nous réagissent. Nous reproduisons ci-dessous leurs positions, parfois divergentes, à savoir un communiqué de l’OPMNAM du 30 janvier 2010, d’une part, et, d’autre part, la motion votée le conseil d’administration de l’APOGA le 5 février 2010.

* LA POSITION DE L’OPMNAM ******

- COMMUNIQUE de l’OPMNAM du 30 janvier 2010

OPPOSITION-DEFENSE de l’OPMNAM aux fonds secrets et au patrimoine de la FEFA,

L’OPMNAM, l’association des Orphelins de Pères « Malgré-Nous d’Alsace – Moselle a fait opposition-défense à la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA) le 2 mars 2009 à hauteur de 4 millions d’€ à bloquer à la Caisse des dépôts et consignations pour sa participation au Mur des Noms en mémoire des 40 000 Malgré-Nous, incorporés de force dans l’armée allemande. C’est l’une des raisons pour laquelle la FEFA s’évertue à faire capoter le projet avec ici ou là quelques supplétifs.

Les autorités allemandes sollicitées pour ce projet depuis plus de 10 ans, pour elles un devoir moral car elles ne nous ont pas rendu les corps de nos fils, pères, oncles, époux..., après les crimes commis, se décharge sur la FEFA à laquelle d’après le Bundestag, la Chancellerie, le ministère des affaires étrangères, etc. ont été versés des moyens financiers substantiels « erheblichen finanziellen Mitteln ».

Ces moyens financiers importants et le patrimoine tenus secrets (article DNA de Claude KIEFLIN), mais aux alentours de plusieurs dizaines de millions d’€, nous confèrent le droit légitime en tant qu’orphelins des Malgré-Nous d’en connaître le montant de même que le bilan complet, pas seulement comptable, des 250 millions de DM majorés des intérêts des placements financiers, requête que nous venons de présenter ce 22 décembre 2009 à Monsieur le Préfet d’Alsace, Préfet du Bas-Rhin, chargé de la surveillance et du contrôle de la mission attribuée à la FEFA.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme le 12 mai 2009 confirma à l’OPMNAM cette indemnisation substantielle attribuée par la RFA à la Fefa, tout en reconnaissant que « les orphelins des Malgré-Nous n’eurent pas droit à réparation ». En somme, adressez-vous à la FEFA.
Soyons clairs, c’est l’Allemagne qui a fait de nous des Orphelins d’un crime de guerre ; c’est à elle de réparer les préjudices à la vie humaine de citoyens français.

Nous ne réclamons rien pour nous à la FEFA, sauf 4 millions d’€ pour le Mur des Noms le long des allées d’accès au Mémorial d’Alsace-Moselle à Schirmeck, rassemblant les identités gravées sous la commune du dernier domicile, en mémoire d’une génération sacrifiée, pour un lieu de recueillement, de témoignage historique et de reconnaissance par la Nation.

Il n’y a pas de raison que le contribuable soit le seul à payer et que d’autres se promènent en Allemagne, en Afrique ou en Chine avec l’argent des Malgré-Nous et des Malgré-Elles qui ont perçu respectivement une aumône de 1 387€ et de 400€ de la FEFA.

Quant à la France elle est coresponsable pour cause de collaboration avec les nazis.

Le Chef de l’Etat s’est déclaré favorable au Mur des Noms en 2008, de même que les Présidents des collectivités territoriales dès 2006.

Nous avons demandé à Nicolas SARKOZY et à Angela MERKEL, le 18 janvier 2010, de régler notre contentieux, une épine dans le pied de la réconciliation, lors du prochain sommet franco-allemand.

Bernard ERNEWEIN, Président de l’OPMNAM, orphelin d’un crime de guerre

* Contacts : 09.77.56.08.87 orphelinsperes.malgre-nous@wanadoo.fr

* LA POSITION DE L’APOGA ******

- Motion votée par le Conseil d’administration réuni à Colmar le vendredi 5 Février 2010

Les membres du Conseil d’administration de l’Association des pupilles de la Nation, orphelins de guerre d’Alsace, (APOGA), apprennent avec stupéfaction, par la presse régionale, que « la Fondation entente franco-allemande » va prochainement modifier ses statuts et se donner de nouveaux objectifs dans le cadre du développement de la coopération franco-allemande.

La construction de l’Europe est une noble tâche. Les orphelins de guerre y attachent d’autant plus de prix qu’ils ont payé un tribut particulièrement lourd en perdant un père ou une mère, voire les deux, en raison de la folie des nations en guerre.

Mais leur étonnement est grand : pour changer subitement de registre dans l’utilisation des fonds versés par l’Allemagne en dédommagement des préjudices subis par les incorporés de force, la Fondation, présidée par Monsieur André BORD, doit probablement considérer que ce dernier chapitre est clos.

Or, les orphelins de guerre, fils et filles des 40.000 alsaciens mosellans morts ou portés disparus entre 1942 et 1945, pupilles de la Nation, s’interrogent encore toujours sur le sens concret de leur soi-disant « adoption par l’Etat français ».
En quoi ont-ils été indemnisés ou aidés ? Ils ont eu droit, certes, à quelques broutilles, notamment via les modiques sommes versées aux veuves par la Fondation au début de sa création.
La Fondation peut-elle se sentir quitte vis à vis d’eux ?
Se sent-elle quitte vis à vis des femmes du RAD et KHD après leur avoir octroyé généreusement 800 euros, alors qu’elle s’est constituée un patrimoine dont on ne connaît pas la valeur ?

Les anciens incorporés de force disparaissent les uns après les autres. Il est logique qu’ils songent au temps d’après. Mais l’histoire de l’incorporation de force ne s’arrête pas avec eux. C’est ce que nous tenons à leur dire. En nous, à travers nous, le drame se perpétue.
C’est pourquoi, nous, orphelins depuis 65 ans ou plus, entendons être associés au devenir de la Fondation, revendiquons de siéger au nouveau conseil d’administration, au nom des victimes restées à tout jamais sur les champs de bataille et dont les familles se sont souvent senties abandonnées.

Nous avons un honneur à défendre, celui des oubliés, des disparus, des sacrifiés qui, aux yeux de beaucoup, n’ont jamais existés et qui, à nos yeux, demeurent des êtres chéris.
La page ne peut pas encore être tournée. Pour beaucoup qui ne savent encore rien de leur père porté disparu, le deuil n’est pas fait.

Colmar, ce 5 Février 2010

*Contacts : Bernard RODENSTEIN, président
03 89 41 06 00 b.rod@free.fr


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